Chat errant, chat heureux ?

Avec la permission de l'auteur je cite ici un article du blog (très instructif) http://tribuvelue.canalblog.com/ qui remet en cause certaines idées reçues...

♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦

 

Une question m'est très souvent posée : un chat errant et libre n'est-il pas plus heureux qu'un chat d'appartement ?

Nombre de personnes ont en tête une image romanesque du chat errant bagarreur et coureur de minettes, amoureux bruyant, explorateur de poubelles, voleur de nourriture, fainéant, profiteur et sournois. Un prince du bitume en quelque sorte, un roi de la cour des miracles à n'en pas douter.

Rien n'est plus éloigné de la réalité. Un chat errant survit comme il peut durant une existence écourtée et dangereuse.
Le chat errant urbain se trouve sans doute dans une misère encore plus grande que le chat errant rural.

En ville, pour un chat sans propriétaire, tout est dangereux : la circulation automobile, les rafles de la fourrière, les maltraitances multiples dans certaines zones de violence permanente où les chats sont torturés pour le plaisir, les virus mortels, les chiens, etc...

Problème numéro 1 : la nourriture
Un chat errant adulte d'environ 3,5 kg doit ingérer 100 à 300 g de nourriture par jour (pour information une souris pèse en moyenne 30g). Il va sans dire qu'en ville, s'il ne fait pas les poubelles et ne trouve aucun "nourrisseur" sur son territoire, un chat errant aura tôt fait de mourir de faim.

Problème numéro 2 : la circulation automobile
Les voitures sont sans aucun doute les tous premiers "prédateurs" du chat des villes. Le territoire d'un chat errant comporte forcément des rues ou même des routes, voire des autoroutes à traverser, et ce plusieurs fois par jour. Inutile de préciser qu'un nombre impressionnant de chats finit sous les roues de nos véhicules, et, pour celui qui n'a pas été tué sur le coup, l'agonie peut-être très longue car il est bien évident qu'il ne faudra pas compter sur le conducteur du véhicule pour porter secours à sa victime.

Problème numéro 3 : la fourrière
Immanquablement, quand un petit groupe de chats errants s'installe quelque part, le groupe grossit jusqu'à former une meute de plus en plus importante. Les chats sont alors trop nombreux, ils se battent, renversent les poubelles qu'ils fouillent, urinent partout pour marquer leur territoire, bref, ils deviennent rapidement une source de désagréments pour le voisinage qui finit par demander l'intervention de la fourrière.
Un chat errant (donc sauvage) trappé par la fourrière sera immanquablement exécuté au bout du délai de garde de 8 jours.

Problème numéro 4 : la violence humaine
Ces dernières années, dans les associations de protection animale, on a vu augmenter considérablement le nombre de chats martyrisés, torturés, tués. C'est une tendance désastreuse, un nouveau loisir pour certains : le massacre de plus en plus inventif des chats errants. Il nous arrive régulièrement des animaux ayant subi des sévices innommables.
N'oublions pas non plus que, même parmi les humains qui ne se comportent pas comme des barbares, un grand nombre considère le chat errant comme un nuisible.

Problème numéro 5 : les maladies
Comme les chats errants ne sont pas stérilisés, ils se battent, pour la nourriture, pour les femelles, pour un territoire... Le FIV par exemple (virus mortel transmissible par voie sanguine ou sexuelle) passe donc facilement d'un mâle à un autre lors de bagarres violentes, des mâles aux femelles lors des saillies, des femelles aux chatons pendant la gestation.
Et je ne cite là que le virus le plus courant. Quand le typhus se déclare dans une colonie, étant donné qu'aucun chat errant n'est vacciné et que la plupart sont déjà dans un état de santé précaire, le virus fait des ravages qui avoisinent les 100% de mortalité sur tous les chats du groupe.
Il y a aussi le coryza, si courant, toutes les blessures possibles et imaginables, les infections, etc...

Un chat errant, ce n'est pas un de ces chats heureux qui peuvent entrer et sortir de leur maison à volonté, un chat errant n'a pas de maison.
Il doit rester dehors, qu'il pleuve ou qu'il vente, qu'il crève de froid parce qu'il gèle sur sa fourrure trempée.
Il ne peut guère sortir au grand-jour sans prendre des risques considérables, il doit trouver de la nourriture qu'il devra parfois voler à d'autres après de sanglants affrontements.
Si c'est un mâle, il devra se battre en permanence pour les femelles, même s'il est malade ou affaibli jusqu'au jour où il perdra chacun de ses combats et devra laisser sa place.
Si c'est une femelle elle supportera les gestations à répétition, la faim des mères qui n'ont déjà pas assez pour se nourrir et doivent pourtant alimenter leurs petits.
Il vit dans la peur permanente, la faim le tenaille, son espérance de vie excède rarement 5 ans.
Le chat errant urbain n'est pas un animal sauvage indépendant profitant de sa liberté, c'est une victime, un misérable, et tu peux parier que, s'il avait le choix, il abandonnerait immédiatement cette vie d'errance pour le confort d'un appartement douillet, même s'il doit pour cela faire une croix sur sa pseudo-liberté.

Date de dernière mise à jour : 13/03/2013

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site